Crédits

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  • RéalisationDaniel Ferguson, Arnaud Bouquet
  • Recherche et scénarioDaniel Ferguson
  • Recherche additionnelleArnaud Bouquet , Marc Eberle, George Jefferies
  • Direction de la photographieArnaud Bouquet
  • 2e équipe et images additionnelles George Jefferies
  • Prise de son Marc Philippe Desaulniers, Sok Ny
  • Montage Elric Robichon
  • Musique originaleSylvain Moreau
  • Montage et conception sonore Benoît Dame, Catherine Van Der Donckt
  • Mix Philippe Attié
  • Étalonnage et montage en ligne Philippe Carbonneau
  • Productrice exécutiveNathalie Barton
  • ProducteursIan Oliveri, Ian Quenneville, Laurent Mini , Karim Samaï
  • Distribué parFilmoption International - www.filmoption.com

Une coproduction de

InformAction

La Compagnie des Taxi-Brousse

Produit avec la participation financière de

Canada (Crédit d’impôt pour production cinématographique ou magnétoscopique canadienne)

Centre National de la Cinématographie et de l’Image Animée

Fonds documentaire Rogers

Québec (Crédit d’impôt cinéma et télévision – Gestion SODEC)

SODEC (Société de développement des entreprises culturelles, programme Jeunes créateurs – Québec)

et la collaboration de

France Télévisions (France 5)

TV5 Québec Canada

PERSONNAGES PRINCIPAUX

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Mrey

Mrey est une légende parmi les siens, après avoir capturé et apprivoisé des centaines d’éléphants au cours de sa longue vie. Aujourd’hui, malade, il est en proie à un cauchemar récurrent. Chaque nuit, les esprits des éléphants viennent exiger un sacrifice pour les éléphants qu’il a volés à la forêt. Alors pour apaiser les esprits avant de mourir, Mrey entreprend une traversée de la province pour retrouver les derniers éléphants qu’il a capturés et demander leur pardon. Il est le dernier homme de sa communauté à savoir communiquer avec l'esprit des éléphants. Mort au moment où nous achevions le montage du film, il a emporté avec lui cette connaissance unique.  


Mané

À l’âge de 25 ans, Mané est devenue la première Bunong à obtenir un diplôme universitaire. À 32 ans, elle est avocate des droits de la personne et aide son peuple à obtenir la reconnaissance légale de leurs droits territoriaux. En même temps elle doit confronter un traumatisme dans son propre passé : la perte de l’éléphant de sa famille. Mané s’est toujours demandé pourquoi sa famille avait vendu l'éléphant après qu'elle ait quitté le village pour entreprendre des études. Aujourd’hui, pour cicatriser les blessures, elle se met en quête de retrouver l’éléphant et le ramener au village.


Duol

Duol, 17 ans, aime mieux les motos que les éléphants. Mais son père est trop vieux pour travailler et Duol doit désormais trouver du travail comme cornac d’éléphants. En suivant une formation avec son oncle Samuen, il découvre le poids de ses responsabilités : il doit non seulement prendre soin de l’éléphant mais aussi faire des sacrifices pour calmer les esprits lorsqu’un malheur arrive au village. Quand son éléphant tombe mystérieusement malade, le monde de Duol bascule et son avenir de cornac est remis en question. Duol semble être l'héritier d'un monde qui n'existe peut-être déjà plus.


Le contexte

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Pour les environnementalistes, la province de Mondulkiri dans l’est du Cambodge rappelle le Serengeti, immense écosystème au nord de la Tanzanie. Isolée par la mousson et l’absence d’accès routier, c’est une région de vastes forêts vierges et de faune rare. Plusieurs populations indigènes y vivent, dont les Bunong, une ethnie connue pour son rapport unique avec les éléphants.  

Les Bunong croient qu’humains et éléphants sont nés de la même âme. Pendant des siècles, ils ont considéré que leur devoir sacré était de réunir les deux, en capturant et en domestiquant des éléphants sauvages. Une fois apprivoisé, un éléphant devenait la propriété commune de plusieurs familles. L’éléphant était au cœur de la vie bunong dans tous ses aspects, économique, religieux et identitaire. Transportant riz, bois, eau et résine, il permettait aux Bunong – et c'est toujours le cas dans le nord où les routes sont inexistantes – de traverser les forêts.  

Les 40 dernières années ont été marquées par de violents bouleversements au Cambodge : la guerre entre les États-Unis et le Vietnam a été suivie du régime brutal des Khmers rouges puis, plus récemment, par l’arrivée des multinationales minières et forestières qui abattent les arbres et saisissent les terres ancestrales bunong à un rythme effarant.  

Certains Bunong ont accepté la disparition de l’éléphant de leur culture. D’autres se battent pour l’empêcher. Le débat entourant la survie de l’éléphant est devenu un débat sur le destin de ce peuple lui-même : Qui devrait décider des conditions du changement? Que reste-t-il de leur identité une fois l’éléphant disparu?


La légende des Bunong

Il y a de nombreuses lunes, deux frères sont allés pêcher sur les berges du Lac Lak. Là ils attrapèrent un poisson magique. Ils n’avaient jamais vu une peau aussi brillante et colorée. Après avoir cuit le poisson sur le feu, le plus vieux des frères prit une première bouchée et se transforma immédiatement en une énorme créature, avec quatre pattes et une longue trompe – le premier éléphant au monde. Ne voulant pas rester seul dans cet état, l’aîné dit à son cadet d’aller chercher d’autres villageois et de les convaincre de manger du poisson.  

Ainsi, les villageois se mirent d’accord pour que la moitié de la population prît la forme d’éléphants, de manière à aider pour les travaux difficiles. En échange, les éléphants auraient les mêmes droits et les mêmes privilèges que les villageois. Au début, cet arrangement fonctionnait bien. Les éléphants améliorèrent la façon de vivre bunong, leur permettant de voyager pendant la saison des moussons, de porter les lourds billots et d’apporter les récoltes au marché. Cependant, à un moment donné, les éléphants commencèrent à se plaindre, se sentant surexploités. Ils devinrent alors violents. À cause de cette rébellion, les esprits les punirent, tortillant leur langue et leur enlevant la capacité de parler. 


Festivals

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RIDM – Rencontres internationales du documentaire de Montréal Compétition officielle 2014

Hot Docs Sélection officielle 2015

ONE WORLD - International Human Rights Documentary Film Festival Compétition officielle 2015

Note d'intention

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Les Derniers hommes éléphants conte le double sort des Bunong et des éléphants dans un microcosme qui se fissure sous les pressions de la mondialisation culturelle, économique et biologique. Les thèmes du film peuvent être appliqués à n'importe quelle communauté indigène, mais pour nous, le lien affectif entre le Bunong et l'éléphant rend cette histoire encore plus poignante.  

Les Bunong que nous avons rencontrés à travers la recherche et le tournage nous ont fortement inspirés, et c'est de leur point de vue que nous nous sommes efforcés de raconter cette histoire. Elle reflète cette croyance puissante qu'hommes et éléphants partagent un même destin. Nous avons passé des mois à vivre avec nos personnages – devenus nos camarades – afin d'établir la confiance nécessaire pour pénétrer dans leur univers très méconnu. C'est cette confiance mutuelle qui nous a permis de les filmer dans une telle intimité, laissant l'histoire suivre son cours naturel.  

Faire ce film nous a donné l'occasion d'exprimer des années de frustration à regarder le déclin de la population d'éléphants sauvages et domestiques dans toute l'Asie du Sud-Est; une colère contenue avec difficulté face à la maltraitance dont sont victimes les Bunong et les communautés autochtones à travers un monde que se partage le 1%; une indignation face à l'accélération de la déforestation illégale et ceux qui en tirent profit.  

En fin de compte, nous avons fait ce film comme une élégie à l'éléphant domestique à travers l'Asie, comme un hommage aux cultures traditionnelles qui ont dépendu de ces animaux pendant des générations. Compte tenu de l'âge très avancé des éléphants de travail au Cambodge et du fait que la capture d'animaux sauvages est aujourd'hui illégale, la présence de ces bêtes de somme arrive à sa fin dans une grande partie de l'Asie. Il est donc temps de laisser disparaître cette population captive, mais aussi toute une culture millénaire qui l'accompagne. Et c'est donc sur la protection de la population sauvage restante et leur habitat qu'il faut se concentrer.  

Pour cela, il doit y avoir un effort combiné entre le gouvernement, les ONG et les communautés autochtones comme celle des Bunong. Cela ne pourra se faire qu'en accordant à ces derniers des droits légaux sur leurs rivières et forêts. C'est notre espoir. En dévoilant le portrait d’habitants qui luttent pour défendre une partie cruciale de leur patrimoine collectif, ce film pourrait aider à provoquer un changement dans la pensée populaire.  

Quant à cet animal magique, qui n'a jamais cessé de fasciner, souhaitons qu'il ne devienne jamais la simple attraction d'un parc touristique et folklorique artificiel, et que les générations futures sauront qu'il vit encore là, sauvage et mystérieux, au fond de ce qu'il reste de forêt. 

DF et AB

Résumé court

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Quand un éléphant est malade, tout le village est malade.
Quand un éléphant est sauvé, tout le monde est sauvé.

– une légende bunong

Depuis des siècles, le peuple indigène des Bunong au Cambodge est uni aux éléphants par un même destin, mais leur mode de vie commun est aujourd’hui menacé de disparition. Les Derniers hommes éléphants suit trois générations bunong et raconte leur combat pour sauver l’animal qui les a toujours définis. En traçant le futur des éléphants en relation avec celui des humains, le film vous invite à une grande aventure, doublée d’une parabole des temps modernes.

Résumé long

Filmé sur plusieurs années à travers les lieux mystiques d’un Cambodge reculé, en passant par les temples emblématiques d’Angkor Wat et la bouillonnante capitale Phnom Penh, Les Derniers hommes éléphants raconte l’histoire d’un peuple indigène uni par le destin aux éléphants, alors que leur mode de vie commun est menacé de disparition.  

En suivant sur la durée trois membres de la mythique ethnie bunong, près de la frontière Cambodge-Vietnam, Les Derniers hommes éléphants raconte leur combat pour sauver l’animal. Chacun d’eux incarne une dimension de l’émouvant rapport entre humain et éléphant : Mrey, le légendaire trappeur d’éléphants, poursuivi par des cauchemars et par une mystérieuse maladie, doit apaiser l’esprit de l’éléphant avant son dernier voyage; Mané, jeune avocate des droits de la personne, veut retrouver la trace de l’éléphant qui a appartenu autrefois à sa famille, tout en défendant les droits ancestraux de son peuple; et l’adolescent Duol apprend à être cornac – maître d’éléphants – pour faire vivre ses parents et perpétuer la culture de ses ancêtres.  

L’éléphant qui, un jour, a servi à définir l'identité des Bunong pourrait bien représenter la clé de leur propre survie. Comment protège-t-on la nature? Comment préserve-t-on l’héritage collectif? Quand bio-diversité et diversité culturelle sont interconnectées, quels choix faire pour survivre à la modernité? Sur fond de déforestation et de dégradation environnementale au Cambodge, l’histoire d’un peuple confronté à des enjeux universels.