Crédits

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  • RéalisationKaren Cho
  • Recherche et scénarioKaren Cho, Ian Oliveri
  • ImagesMichael Wees
  • Prise de sonPaulo Castro-Lopes
  • MontageAndrea Henriquez
  • Montage sonoreBenoît Dame
  • Mix sonoreJean-Pierre Bissonnette
  • Musique originaleRobert Marcel Lepage
  • Producteur au développement et collaborateur à la réalisationIan Oliveri
  • ProductionNathalie Barton, Ian Quenneville

Produit par

InformAction

Produit avec la participation financière de

Fonds canadien de télévision créé par le gouvernement du Canada et l'industrie canadienne de télévision par câble

Gouvernement du Québec (Crédit d'impôt cinéma et télévision - Gestion SODEC)

Gouvernement du Canada (Crédit d'impôt pour film ou vidéo canadien)

SODEC Société de développement des entreprises culturelles – Québec

et la collaboration de

Radio-Canada

RDI

CBC Newsworld

PERSONNAGES PRINCIPAUX

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LES DEMANDEURS D’ASILE
 
Esly (Honduras)
Âgée de 20 ans, Esly a déjà connu plus de violence qu’on ne peut en supporter durant une vie entière. Menacée par des gangs de rues au Honduras, elle est venue demander protection au Canada. Timide et tourmentée par le passé, Esly a de la difficulté à parler de la violence qu’elle a subie et du meurtre récent de son conjoint. Elle vit au Canada avec des membres de sa famille en attendant son audience et la décision de la Cour qui déterminera son avenir ainsi que celui de son jeune garçon.
 
« C’est difficile pour une victime de stress post-traumatique de commencer à se remettre en santé sans vraiment savoir qu’elle va pouvoir rester ici. Une fois qu’ils sont reconnus comme réfugiés, c’est comme commencer une nouvelle vie, mais jusqu’à ce qu’on ait une décision, les portes sont fermées et tout mène jusqu’à l’audience et on ne sait pas ce qui va se passer. » 
 
« Lors de l’audience, on a voulu trouver des petites contradictions, on a émis des doutes parce qu’elle n’avait immédiatement parlé du viol à la frontière, quand à la frontière, on leur pose très peu de questions, puis on leur dit, vous n’avez pas besoin de donner tous les détails. C’est une des grandes failles de notre système, cette recherche d’omissions et de contradictions avec la première entrevue. »   – Stewart Istvanffy, avocat d’Esly


Najia (Afghanistan)
Militante pour les droits humains, Najia a passé des décennies à défendre les femmes en Afghanistan. Elle a commencé à recevoir des menaces de mort suite à son implication dans des campagnes de justice sociale variées. Après l’assassinat de deux de ses collègues, Najia a pris la dure décision de quitter l’Afghanistan et sa famille pour demander l’asile au Canada. En raison de la force de sa cause, de son pays d’origine, et de sa notoriété en Afghanistan, Najia pourrait profiter du processus accéléré au sein du système de détermination des réfugiés canadien. Elle attend son entrevue où l’on décidera de son avenir au Canada.

“It’s not easy to be a refugee;  to feel that no one knows you and no one knows your value… how useful you were for your people and country. You are working and investing for almost all of your life to establish yourself in a place and when you are leaving that place, you feel that you’re lost…” – Najia


Leyla (République démocratique du Congo)
Leyla a fui la République démocratique du Congo, avec sa fillette Sophia, pour échapper à la violence sexuelle infligée par des soldats qu’elle a subie à maintes reprises dans son pays déchiré par la guerre. Durant son entrevue au processus accéléré au Canada, l’agente du tribunal a mis en doute sa véritable identité. Son cas a été renvoyé au processus régulier où elle attend maintenant une audience complète. Troublée par le passé et anxieuse de connaître son sort au Canada, Leyla doit tout faire pour obtenir de nouveaux documents prouvant son identité. Un échec pourrait les ramener, elle et sa fille, à la violence dont elles se sont sauvées.

“I feel like now I don’t see my future. I don’t know where I am going.  I don’t know where I am. I am really worried about my daughter’s future. I want her to live like normal kids… That’s why I came here.” – Leyla


Fouad (Palestinien du Liban)
Fouad est un demandeur d’asile qui est tombé dans les « craques » du système. Son frère et lui ont tous deux échappé aux menaces et à la violence imposées par la milice du Fatah au Liban. Les frères ont alors demandé le statut de réfugié au Canada, où leur cas a été entendu par deux commissaires de la CISR (Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada). La demande de Fouad a été rejetée alors que celle de son frère a été acceptée. Avec une faible possibilité de recours et sans possibilité d’appel, Fouad pourrait faire face à la déportation du Canada.

 “I think about my wife.  I think about my children. Who stays seven or eight years alone without seeing anyone from their family? It’s very difficult.” – Fouad


Kader (Algérie)
Kader est aveugle et originaire d’Algérie. Il a atteint la fin de son parcours de demandeur d’asile au Canada. Sa demande a été rejetée tout comme ses requêtes pour être admis pour des raisons humanitaires. En 2005, il a reçu un mandat de déportation lui ordonnant de quitter le pays. En revanche, la communauté de Pointe St-Charles s’est ralliée à sa cause et lui a offert un sanctuaire dans leur église locale. Depuis, des centaines d’organisations et de groupes communautaires se sont joints au mouvement. Déterminé à rester au Canada, Kader et ses supporters se battent pour que le Ministère de l’Immigration lui accorde la citoyenneté canadienne.

« Moi maintenant, c’est très difficile pour baisser les bras. Maintenant c’est devenu impossible. Il y a même du monde qui sont dehors et me disent : " Kader, si toi tu vas abandonner, c’est comme une claque dans le visage pour tous les gens qui sont réfugiés ici." C’est pour ça que je continue. »

« Le gouvernement ne peut pas m’oublier, mais il peut m’ignorer. » - Kader
 

LES « SPÉCIALSITES »

 
Peter Showler, ancien président de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada (1999-2002)
Peter Showlera écrit Refugee Sandwich: stories of exile and asylum, un recueil  d’histoires inspirées de son expérience en tant que président de la CISR de 1999 à 2002. Il enseigne le droit relié aux questions d’immigration et de réfugiés à l’Université d’Ottawa. Il connaît le système de détermination des réfugiés de fond en comble et se prononce régulièrement sur les enjeux concernant les demandeurs d’asile. Il est à la fois un loyal défenseur du système et l’un de ses plus redoutables critiques.

“No other judge in Canadamakes decisions that, if incorrect, result in torture or loss of life. That is the potential consequence of a mistake being made at the Immigration and Refugee Board” – Peter Showler

Fernand Gauthier, ancien commissaire à la Commission de l’immigration et du statut de réfugié du Canada (1988-1998)
Fernand Gauthier a passé une décennie à servir en tant que commissaire à la CISR où il a étudié des centaines de demandes d’asile. En tant qu’ancien membre du système, Fernand parle consciemment des difficultés associées au jugement des demandes et des tendances qu’il a vues émerger au fil des dernières années. Fernand travaille toujours dans le domaine en tenant régulièrement des ateliers sur le système de détermination des réfugiés au Canada pour les groupes communautaires et les travailleurs sociaux.

« Vous avez devant vous une personne qui a un passé, une histoire que vous ne pouvez pas imaginer. Et vous n’aurez jamais le temps en une demi-journée pour la connaître et la comprendre, malgré toute votre expertise. »

« Le travail du commissaire est un travail très ardu, mais c’est un travail dont vous ne pouvez pas être certain de l’avoir bien accompli… » - Fernand Gauthier


Presse

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Ce film brosse un portrait humain et inquiétant de cinq immigrants demandeurs d’asile (…) En misant sur l’aspect humain, en nous faisant pénétrer dans la douleur et le quotidien de ces hommes et femmes venus des quatre horizons pour trouver un havre ici, le film tend au spectateur le miroir de sa propre société pleine de failles Odile Tremblay – Le Devoir

Ce film est un excellent outil pédagogique, mais il est surtout une œuvre de compassion. À voir pour mieux comprendre et agir pour que cesse l’indifférence Louise Dionne – Relations

À la manière d’un thriller psychologique, la cinéaste, Karen Cho, parvient à tisser une trame de suspense avec le fil des drames que vivent les quatre protagonistes. De la bouche d’anciens commissaires de la Commission de l’immigration et du statut de réfugié et d’avocats, on découvre les méandres de ce difficile parcours et les failles du système. Lisa-Marie Gervais – Le Devoir

Karen Cho’s documentary achieves something astonishing: It shows how bureaucracy works. Cho’s documentary about the application process for refugee status in Canada is also interesting because of the human stories it tells Melora Koepke – Hour Montreal

Festivals

Rendez-vous du cinéma québécois (RVCQ) Montréal 2009

DOXA - Vancouver Documentary Film Festival 2009

Refugee Film Festival Égypte 2009

Amnesty International Reel Awareness Film Festival Toronto 2009

Amnesty International Film Festival Vancouver 2009

International Human Rights Documentary Film Festival Écosse 2009

ReFrame Peterborough International Film Festival 2010

World Community Film Festival Courtenay 2010

Festival International du Grand Reportage et du Documentaire de Société (FIGRA) Section « Autrement Vu », France 2010

Human Rights DocFest Premier Prix - Toronto 2010

Gemini Awards Nomination pour Meilleure réalisation documentaire 2009

Amnesty International Film Festival Vancouver 2010

Human Rights Film Festival Winnipeg 2011

Note d'intention

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En tant que réalisatrice, beaucoup de mon travail s’articule autour des thèmes de l’identité, l’immigration et la mise en lumière de pans de l’histoire sous des angles particuliers, souvent méconnus. J’ai toujours été intéressée par les enjeux liés aux réfugiés et été inspirée par le courage de ceux qui ont fui la torture ou la persécution pour recommencer leur vie dans un nouveau pays.
 
L’idée de Terre d’asile a germé de mon confort avec la hausse des préoccupations liées à la « sécurité », à la suite du 11 septembre 2001, ainsi que la tendance, à l’échelle planétaire, à la fermeture des frontières. Souvent les médias qualifient les réfugiés de « menaces pour la sécurité nationale », de « hors-la-loi » ou encore de « parias de la société ». Quand il s’agit de la vie d’une personne, véhiculer ce genre de stéréotypes et de préjugés peut mettre sa vie en péril. Et cela m’a préoccupé.
 
J’ai voulu faire un film qui explore la vie de ceux et celles qui ont fui le danger et qui luttent pour obtenir protection sur le sol canadien, et qui doivent alors tout recommencer. Qu’est-ce que cela fait de devoir quitter sa famille et ses proches? Comment vit-on sachant que son avenir, sa sécurité et son bien-être dépend d’une seule entrevue avec un étranger? À quoi pensez-vous lorsque vous savez que vous pourriez être déporté et renvoyé au danger? Terre d’asile met un visage humain sur le problème de la protection des réfugiés. Par le biais de récits personnels et à travers le regard de demandeurs d’asile, le film permet, je crois, de mieux comprendre les conséquences humaines du système de détermination des réfugiés au Canada.
 
En faisant ce film, j’ai été impressionée et émue par le courage et la persévérance des demandeurs d’asile que j’ai rencontrés. Contrairement aux immigrants, les réfugiés ne choisissent jamais volontairement de venir ici; ils sont tout simplement contraints de fuir et de partir en quête de sûreté. Après avoir réchappés aux violences, aux tortures, aux menaces de mort, ils font maintenant face à l’isolement et aux barrières culturelles et de langue. Pourtant ils sont mûs par une force de survie, qui les aident à avancer, à protéger leurs enfants et à repartir de zéro.
 
J’ai aussi été inspirée par le dévouement de beaucoup de ceux qui accueillent et aident les réfugiés, ainsi que les avocats, les commissaires, etc., que j’ai rencontrés et qui ont fait de la protection des droits des réfugiés une mission de vie.
 
Le Canada est reconnu dans le monde entier comme un pays qui prône le pluralisme. Ce qui le définit, c’est sa position face à des enjeux tels que l’immigration. Mais dans un monde où les frontières se ferment tandis que les migrations humaines augmentent, est-ce toujours le cas? Notre système de protection des réfugiés est certainement un des plus généreux au monde, mais il fait face à des problèmes et des failles qui peuvent avoir de graves conséquences sur les réfugiés. J’ai été troublée de voir comment certains demandeurs d’asile « tombent dans les craques » du système et doivent attendre des années avant d’obtenir une décision sur leur avenir. Il me semble incompréhensible qu’au Canada les demandeurs d’asile n’aient toujours pas le droit à l’appel alors que la loi canadienne l’exige. De nombreux piliers de notre système semblent s’effriter…
 
En mettant des visages sur la problématique, Terre d’asile est pour moi une histoire d’humanité, de « régénération » et de survie. Le fait d’accepter ou de rejeter une demande d’asile peut décider de la vie ou de la mort d’un réfugié. Notre système tient des vies en jeu. Et ça, nous ne devons pas l’oublier. 

Karen Cho

Résumé court

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Terre d’asile suit le parcours de cinq demandeurs d’asile qui cherchent refuge au Canada. En plongeant au coeur même des expériences, des espoirs et des batailles de ceux qui demandent protection, Terre d’asile suit à la fois de nouveaux arrivants qui attendent d’être entendus et d’autres dont la demande a été refusée et qui font face à la déportation. De la traversée de la frontière canadienne aux sous-sols d’église, en passant par les maisons d’accueil, une chronique émouvante du sort de personnes qui ont fui la guerre, la persécution et les bouleversements politiques. 

Résumé long

En suivant le parcours de cinq demandeurs d’asile pendant un an, Terre d’asile sonde la vie de ceux qui ont fui la guerre, la persécution et les bouleversements politiques en arrivant au Canada. Environ 30 000 personnes demandent asile chaque année et entre 40 et 45 % seront acceptés comme réfugiés.
 
Le film plonge au cœur même de leurs expériences, de leurs espoirs et des batailles qu’ils doivent livrer en entrant dans le dédale du système de détermination des réfugiés. De la traversée de la frontière canadienne aux sous-sols d’église, en passant par les maisons d’accueil, Terre d’asile suit à la fois de nouveaux arrivants qui attendent d’être entendus et d’autres dont la demande a été refusée et qui font face à la déportation.
 
Dans une situation où la vie des gens est en jeu et où le fait d’accepter ou de rejeter une demande d’asile peut décider de la vie ou de la mort d’un réfugié, Terre d’asile met en lumière un complexe système, que les histoires personnelles nous permettent de pénétrer, d’une manière intime et concrète.
 
Une chronique émouvante, à la fois provocante et nuancée.

Avec la généreuse participation de Esly, Fouad, Kader (version longue seulement), Leyla, Najia 
et
Tania Villafranca et sa famille, Alexander, Sophia, Mohamad Sakr, Jim et Shirley McNair, Stewart Istvanffy, Sabine Venturelli, Fernand Gauthier, Peter Showler, Jared Will, Jordan Topp, Timothy Wichert, Richard Goldman, Père James McDonald.