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Communiqué

 

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Vues de l'Est, documentaire sur les enfants du quartier Hochelaga-Maisonneuve, constitue pour vous un retour aux sources.

D'une certaine façon, oui. C'est pour moi un retour à une enfance où l’on n'avait pas la même conscience de la pauvreté, de ce qu'elle représente, de ce qu'on en dit. Je me suis retrouvée dans l'inconscience des enfants que j'ai filmés. Lorsqu'ils parlent de la pauvreté, ils pensent à l'Afrique ou aux itinérants plutôt qu'à leur famille ou à leurs voisins. Dès qu'ils ont un toit et qu'ils peuvent manger, ces enfants ne s'estiment pas pauvres. Pour Marianne par exemple, les gens étaient plus pauvres avant parce qu'ils n'avaient pas de brosse à dents! Pour Samantha, la preuve que c'est pauvre en Afrique c'est qu'ils n'ont pas de parc! Ils m'ont tout de même surpris parce que je m'attendais à ce qu'ils subissent davantage l'influence de ce qu'on dit d'eux, c'était mon hypothèse de départ. Je croyais qu'ils se percevaient comme défavorisés. Ce n'est pas le cas.

Ces enfants seraient donc peu conscients de ce qu'on dit dans les médias de Hochelaga-Maisonneuve.

On cible régulièrement le quartier comme emblématique de différents problèmes comme le décrochage scolaire ou la violence familiale. En fait, on ne définit jamais Hochelaga-Maisonneuve comme modèle de quoi que ce soit. Et pourtant les enfants semblent imperméables à tout cela. Ils sont conscients des problèmes de drogue et de prostitution, ils les constatent régulièrement, mais demeurent dans l'ensemble plutôt optimistes. Les adultes sont plus marqués par ce qu'on dit du quartier et par ce qu'il est devenu. Plusieurs admettent d'ailleurs qu'ils quitteraient le quartier s'ils le pouvaient.

Le discours des filles et celui des garçons sont-ils très différents?

Comme dans La fiancée de la vie, il a été plus difficile de trouver des garçons capables de s'exprimer, de dire ce qu'ils pensaient. Les garçons sont souvent dans la révolte, la délinquance, et s'expriment difficilement. Donner une tribune à leur violence les aurait encouragés dans cette voie, ce que je ne voulais pas. À l'arrivée, les garçons qui sont dans le film ne sont pas très différents des filles. Dans l'ensemble, j'ai choisi des enfants qui occupent leur espace, leur quartier, plutôt que des enfants passifs, modèle Nintendo.

Pourquoi vous tourner vers les enfants et pas vers des adultes, des intervenants sociaux, pour parler d'un milieu défavorisé?

C'était pour moi l'occasion de revenir à ma propre enfance. J'avais l'impression que les choses avaient changé, que les enfants d'aujourd'hui étaient plus lucides que moi à leur âge et je me demandais s'ils croyaient avoir peu de chance de s'en sortir. Les adultes sont non seulement plus influencés par le discours médiatique sur le quartier que ne le sont les plus jeunes, mais aussi plus conscients de l'impact de ce qu'ils peuvent affirmer à la caméra. Les enfants relativisent les choses, ils sont capables de voir le bon côté des choses. Pour eux, l'avenir est ouvert. Leur instinct de vie, leur façon de vivre dans l'instant présent les sert. Les adultes y parviennent plus difficilement. Il faut dire que les fins de mois les rappellent durement à la réalité.

Qu'est-ce qui vous a le plus surpris de la part de ces jeunes?

Leur grande capacité de rêver, de se projeter dans un ailleurs meilleur. Cela m'a étonné, surtout de la part des plus âgés d'entre eux, ceux qui ont 12 ans. Malgré un quotidien souvent difficile, malgré leurs difficultés scolaires, ils ont confiance dans l'avenir.

Pourriez-vous faire un film semblable sur des enfants plus choyés?

J'en ai moins l'intérêt. Je suis davantage curieuse des gens en milieu défavorisé. Les gens que j'ai envie de filmer ont des blessures, des marques. Les gens trop lisses m'intéressent beaucoup moins, comme cinéaste du moins.

Quels sont vos projets immédiats ?

Je prépare actuellement un film sur les gens qui fréquentent les festivals westerns. Des gens, âgés pour la plupart, qui vivent une certaine forme de solitude et retrouvent dans les festivals une famille de substitution, le sentiment de faire partie d'un tout. Ces regroupements sont remplis de personnages colorés et attachants, ils seront ma famille pour l'année qui vient…

Propos recueillis par Michel Coulombe.


Maxime Proulx-Roy, 11 ans, rêve d'avoir une voiture sport et d'aller vivre à New York avec sa bien-aimée. D'une famille de six enfants, il n'a jamais vu la campagne et n'a jamais fait griller de bêtes sauvages sur le feu.

Vanessa Dumont, 12 ans, passionnée de musique, a la fragilité d'une enfant et la lucidité d'une adolescente. Les nonos de sa classe et les pédophiles lui font la vie dure, saura-t-elle s'en affranchir ?

Maxime Desjardins, 10 ans, a des questions pour tout le monde et n'est pas avare de réponses et d'hypothèses. Qu'est-ce qu'il peut bien se passer après la mort ?

Samantha Goyer, 11 ans, est la philosophe de la bande. Elle adore son quartier, juge la campagne ennuyante, trouve dommage que les Africains n'aient pas de parcs.

Jean-Rock Beauregard, 12 ans, est étiquetté troubles de comportement. Son regard est doux, mais il nous dit de se méfier, il lui arrive de balancer les cahiers de son prof par terre.

Valérie Allard, 11 ans, craint l'homme au masque blanc qui épie par les fenêtres de son HLM. Enfant Ritalin, elle est aussi dans une classe spéciale à l'école.

Marianne Racine, 8 ans, est un rayon de soleil qui aspire à voler. Elle estime qu'en ces temps anciens où la brosse à dents n'existait pas, il y avait plus de pauvres qu'aujourd'hui.

 


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Jean-Rock Beauregard.
(photographe: Carole Laganière © InformAction Films inc.)

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Marianne Racine.
(photographe: Carole Laganière © InformAction Films inc.)

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Maxime Desjardins.
(photographe: Carole Laganière © InformAction Films inc.)

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Samantha Goyer.
(photographe: Carole Laganière © InformAction Films inc.)

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Vanessa Dumont.
(photographe: Carole Laganière © InformAction Films inc.)

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Des enfants du quartier Hochelaga-Maisonneuve.
(photographe: Catherine Drolet © InformAction Films inc.)


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Maxime Proulx-Roy.
(photographe: Catherine Drolet © InformAction Films inc.)

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Valérie Allard.
(photographe: Catherine Drolet © InformAction Films inc.)

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“La pauvreté une habitude”.
(photographe: Philippe Lavalette © InformAction Films inc.)

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Maxime Proulx-Roy et son papa.
(photographe: Philippe Lavalette © InformAction Films inc.)

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Vanessa Dumont.
(photographe: Philippe Lavalette © InformAction Films inc.)

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Maxime Desjardins et un sans-abri.
(photographe: Philippe Lavalette © InformAction Films inc.)

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Enfant photographe d'un instant!
(photographe: Philippe Lavalette © InformAction Films inc.)

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