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Entrevue

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ENTRETIEN AVEC LA RÉALISATRICE CAROLE LAGANIÈRE

Vues de l'Est, documentaire sur les enfants du quartier Hochelaga-Maisonneuve, constitue pour vous un retour aux sources.

D'une certaine façon, oui. C'est pour moi un retour à une enfance où l’on n'avait pas la même conscience de la pauvreté, de ce qu'elle représente, de ce qu'on en dit. Je me suis retrouvée dans l'inconscience des enfants que j'ai filmés. Lorsqu'ils parlent de la pauvreté, ils pensent à l'Afrique ou aux itinérants plutôt qu'à leur famille ou à leurs voisins. Dès qu'ils ont un toit et qu'ils peuvent manger, ces enfants ne s'estiment pas pauvres. Pour Marianne par exemple, les gens étaient plus pauvres avant parce qu'ils n'avaient pas de brosse à dents! Pour Samantha, la preuve que c'est pauvre en Afrique c'est qu'ils n'ont pas de parc! Ils m'ont tout de même surpris parce que je m'attendais à ce qu'ils subissent davantage l'influence de ce qu'on dit d'eux, c'était mon hypothèse de départ. Je croyais qu'ils se percevaient comme défavorisés. Ce n'est pas le cas.

Ces enfants seraient donc peu conscients de ce qu'on dit dans les médias de Hochelaga-Maisonneuve.

On cible régulièrement le quartier comme emblématique de différents problèmes comme le décrochage scolaire ou la violence familiale. En fait, on ne définit jamais Hochelaga-Maisonneuve comme modèle de quoi que ce soit. Et pourtant les enfants semblent imperméables à tout cela. Ils sont conscients des problèmes de drogue et de prostitution, ils les constatent régulièrement, mais demeurent dans l'ensemble plutôt optimistes. Les adultes sont plus marqués par ce qu'on dit du quartier et par ce qu'il est devenu. Plusieurs admettent d'ailleurs qu'ils quitteraient le quartier s'ils le pouvaient.

Le discours des filles et celui des garçons sont-ils très différents?

Comme dans La fiancée de la vie, il a été plus difficile de trouver des garçons capables de s'exprimer, de dire ce qu'ils pensaient. Les garçons sont souvent dans la révolte, la délinquance, et s'expriment difficilement. Donner une tribune à leur violence les aurait encouragés dans cette voie, ce que je ne voulais pas. À l'arrivée, les garçons qui sont dans le film ne sont pas très différents des filles. Dans l'ensemble, j'ai choisi des enfants qui occupent leur espace, leur quartier, plutôt que des enfants passifs, modèle Nintendo.

Pourquoi vous tourner vers les enfants et pas vers des adultes, des intervenants sociaux, pour parler d'un milieu défavorisé?

C'était pour moi l'occasion de revenir à ma propre enfance. J'avais l'impression que les choses avaient changé, que les enfants d'aujourd'hui étaient plus lucides que moi à leur âge et je me demandais s'ils croyaient avoir peu de chance de s'en sortir. Les adultes sont non seulement plus influencés par le discours médiatique sur le quartier que ne le sont les plus jeunes, mais aussi plus conscients de l'impact de ce qu'ils peuvent affirmer à la caméra. Les enfants relativisent les choses, ils sont capables de voir le bon côté des choses. Pour eux, l'avenir est ouvert. Leur instinct de vie, leur façon de vivre dans l'instant présent les sert. Les adultes y parviennent plus difficilement. Il faut dire que les fins de mois les rappellent durement à la réalité.

Qu'est-ce qui vous a le plus surpris de la part de ces jeunes?

Leur grande capacité de rêver, de se projeter dans un ailleurs meilleur. Cela m'a étonné, surtout de la part des plus âgés d'entre eux, ceux qui ont 12 ans. Malgré un quotidien souvent difficile, malgré leurs difficultés scolaires, ils ont confiance dans l'avenir.

Pourriez-vous faire un film semblable sur des enfants plus choyés?

J'en ai moins l'intérêt. Je suis davantage curieuse des gens en milieu défavorisé. Les gens que j'ai envie de filmer ont des blessures, des marques. Les gens trop lisses m'intéressent beaucoup moins, comme cinéaste du moins.

Quels sont vos projets immédiats?

Je prépare actuellement un film sur les gens qui fréquentent les festivals westerns. Des gens, âgés pour la plupart, qui vivent une certaine forme de solitude et retrouvent dans les festivals une famille de substitution, le sentiment de faire partie d'un tout. Ces regroupements sont remplis de personnages colorés et attachants, ils seront ma famille pour l'année qui vient…

Propos recueillis par Michel Coulombe.


Presse

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Une très belle surprise (…) Carole Laganière trouve ici le bon niveau d’où filmer ces jeunes Marie-Claude Loiselle – 24 Images

starstarstarhalf_star Un thème difficile, des sujets en or Chantal Guy – La Presse

Un portrait touchant Esther Pilon – ICI

Des témoignages étonnants de lucidité Vanessa Quintal – VOIR

A great piece of documentary filmmaking Iain Ilich – VueWeekly (Edmonton)

Festivals

Prix Jutra 2005 Finaliste pour Meilleur documentaire

Prix Gémeaux 2005 Finaliste pour Meilleur documentaire – société

Sheffield International Documentary Festival 2005

Sélection INPUT 2005 (San Francisco)

Detroit Docs International Film Festival 2004

Divercine - XIV International Film Festival for Children and Young People 2005 (Montevideo, Uruguay)

Festival international du film francophone de Namur 2004

Global Visions Film Festival 2004 (Edmonton)

Hot Docs2004 (Toronto)

Rencontres internationales du documentaire de Montréal 2005

Rendez-vous du cinéma québécois 2005 (Montréal)

The Norwegian Documentary Film Festival 2006

Toronto International Latin Film Festival 2004

Note d'intention

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Résumé court

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Documentaire de Carole Laganière qui va à la rencontre d’enfants d'Hochelaga-Maisonneuve, un quartier défavorisé où elle a grandi. Ces enfants nous disent leurs doutes, leurs craintes et leurs rêves de lendemains qui chantent.

Résumé long

Vues de l’Est va à la rencontre d’enfants du quartier Hochelaga-Maisonneuve, ce quartier de Montréal où la réalisatrice a grandi et qui est devenu synonyme de pauvreté, de violence, de décrochage scolaire. Le film donne la parole à des enfants dont on dit qu’ils ont peu de chances d’échapper à leur condition, des enfants qui traversent ces années capitales où l'on se construit une image de soi et où l'on se projette dans l'avenir.

Les enfants de Vues de l'Est sont filmés là où ils vivent, on s'attache à leur quartier, leurs familles, leurs craintes. Ils se font eux-mêmes reporters et captent sur pellicule des personnes, des objets, des lieux significatifs pour eux : la photo d'un père qu'on n'a jamais connu, l'endroit où l'on aime à réfléchir, un itinérant qui a le cœur en lambeaux.

Les enfants de Vues de l'Est nous disent l'amour et l'amitié, nous parlent de la pauvreté, de la drogue, de la prostitution. Ils sont jeunes, entre huit et douze ans, mais en savent déjà beaucoup, trop peut-être, sur les accidents de parcours de la vie.

Au-delà de la peur et du doute, le film se fait le témoin de la lumière qui habite les enfants du quartier Hochelaga-Maisonneuve, de la force et de la beauté de ces vies qui ressemblent à toutes les autres. Des vies pleines de rêves de lendemains qui chantent.

Participants principaux : Valérie Allard, Jean-Rock Beauragard, Maxime Desjardins, Vanessa Dumont, Samantha Goyer, Maxime Proulx-Roy et Marianne Racine.