Crédits

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  • Recherche, scénario, réalisation Pierre Mignault, Hélène Magny
  • ImagesSylvestre Guidi
  • Images additionnelles Pierre Mignault, Ian Jaquier
  • Prise de son Mélanie Gauthier
  • MontageStéphanie Grégoire
  • Conception et montage sonoreBenoît Dame
  • Mix sonoreIsabelle Lussier
  • Montage en ligneYvon Robitaille
  • Producteur associéHélène Magny, Pierre Mignault
  • Directeur de production et de post-productionIan Oliveri
  • ProductionIan Oliveri, Nathalie Barton

Produit avec la participation financière de

SODEC Société de développement des entreprises culturelles

Québec Crédit d’impôt cinéma et télévision - Gestion SODEC

Fonds des médias du Canada

Canada Crédit d’impôt pour film ou vidéo canadien

et la collaboration de

TV5 Québec Canada

PERSONNAGES PRINCIPAUX

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Rachel Mwanza

Si vous googlez le nom de Rachel Mwanza sur internet, les résultats s’afficheront par milliers! Pourtant, il y a à peine deux ans, sale et vêtue de haillons, cette jeune fille squattait les rues de Kinshasa depuis l’âge de 9 ans, inspirant le mépris et le rejet de tous.

Abandonnée par son père puis par sa mère partie en Angola d’où elle n’est jamais revenue, la petite Rachel s’est retrouvée avec sa grand-mère. Une grand-mère très pauvre qui ne peut pas la nourrir. Rachel est donc chassée et se retrouve à la rue. « Même quand on est pauvre, ce n’est pas une raison pour abandonner les enfants…Quand ma grand-mère m’a chassée, je n’avais qu’une jupe à la taille. J’étais presque nue dans la rue. » Commence alors une vie de misère et de vagabondage d’une grande violence où la faim, l’insomnie et la peur hantent ses nuits dans les coins sombres des squats de Kinshasa. Vivre dans la rue à Kinshasa lorsqu’on est un petit enfant, c’est vivre dans une jungle où la loi du plus fort signifie mendier, voler, se prostituer pour un caïd en échange de sa « protection » et, selon son bon vouloir, d’un bol de riz par jour. Mais Rachel aura de la chance : son caïd, c’est Marlène, respectée et crainte, qui la prendra sous son aile et la protégera tant bien que mal de la prostitution et des agressions. Rachel n’a jamais eu accès à l’école, ne sait ni lire ni écrire. Mais la rue aura fait d’elle un être d’exception, doté d’une force et d’un instinct de survie à toute épreuve.

En 2010, elle est repérée par le cinéaste belge Marc-Henri Wajnberg, venu tourner le long métrage Kinshasa Kids. Elle sera présentée en 2011 au cinéaste québécois Kim Nguyen qui la choisit pour le rôle principal de son film sur les enfants-soldats : Rebelle. Son personnage, Komona, est une enfant de 12 ans kidnappée dans son village par un groupe de rebelles. Pour survivre, elle doit tuer ses parents et sera hantée par leurs fantômes tout au long du film. Rachel Mwanza est criante de vérité, on jurerait qu’elle y joue son propre rôle, aussi hantée par des fantômes que son personnage, le fantôme de sa mère qu’elle espère toujours retrouver pour comprendre enfin pourquoi elle l’a abandonnée.

Quelques mois plus tard, le contraste de sa vie est troublant, intense : l’enfant de la rue foule le tapis rouge du Festival de Berlin 2012 et reçoit le prix de la meilleure actrice des mains de Jake Gyllenhaal. Charlotte Gainsbourg, membre du jury, passera plusieurs heures en sa compagnie, une star que Rachel ne connaît pas. En avril 2012, le Festival de Tribeca de New York présidé par Robert de Niro lui remet le prix de la meilleure interprétation féminine. Elle s’installera deux mois à Montréal en juin pour faire la promotion du film mais surtout pour apprendre le français. Elle compare les deux univers, essaie de comprendre ce qui lui arrive, tente de faire la part des choses dans sa tête d’adolescente de 15 ans. « Je veux changer ma vie », nous dit-elle avant de retourner définitivement au Congo. Elle est maintenant rentrée chez elle dans cet univers si dur pour les enfants abandonnés. De Berlin à Montréal, elle a vu le monde et son cœur s’est rempli d’espoir. De retour à Kinshasa, c’est là que son histoire commence.


Anselme

Il a 8 ans et est le plus jeune frère de Rachel. Il vit toujours avec la grand-mère et Rachel s’en occupe beaucoup. Son éducation lui tient à cœur et elle l’oblige à aller à l’école. La sœur et deux autres frères de Rachel sont partis à la frontière du Congo pour tenter de rejoindre leur mère qui s’est remariée et qui a deux autres enfants en Angola.


Grand-mère

Elle était vendeuse de charbon au marché, un petit commerce de misère qui lui permettait à peine de se nourrir. Quand sa fille est partie « chercher l’argent » en Angola et lui a laissé ses six enfants, la grand-mère n’a pas su les nourrir. Elle a chassé les trois plus vieux, Rachel et ses deux frères, et a gardé les trois plus jeunes, dont un bébé de quelques mois. Rachel n’a jamais pardonné à sa grand-mère. Pourtant, elle l’aide régulièrement à payer son loyer. Dans le film, Rachel démontrera à la caméra son amertume vis-à-vis de celle qui l’a chassée dans la rue à l’âge de 9 ans. 


Junior

Junior Kalukani a connu Rachel sur le plateau de tournage de Rebelle où il travaillait comme régisseur principal adjoint. Il s’est attaché à elle et a décidé de l’adopter. Il deviendra donc son père adoptif, son tuteur légal. Il protège Rachel comme la prunelle de ses yeux et elle a des comptes à lui rendre. Il se soucie de son éducation. 


Marlène

Elle a 21 ans mais en paraît beaucoup plus. Déjà mère de deux enfants, Marlène vit dans la rue depuis de nombreuses années. Elle a pourtant une maman mais refuse de vivre avec elle. « La cicatrice que tu vois ici, c’est ma maman qui me l’a faite. Elle m’a lancée une marmite à la tête parce que j’avais perdu son argent », raconte-t-elle à Rachel. Quand Rachel s’est retrouvée dans la rue, c’est Marlène qui l’a sauvée de la faim et de la prostitution. À peine plus âgée mais déjà féroce et autoritaire, Marlène la caïd règne sur les bas-fonds de Kinshasa, toutes griffes dehors. « On l’appelait général », nous confie Rachel. Elle fait le trafic de la drogue, de l’alcool. Mais refuse d’envoyer Rachel se prostituer comme les autres caïds. « Elle n’aime pas que quelqu’un me touche ou me fait du mal », dira Rachel.

Marlène vit toujours dans le même squat avec d’autres familles d’où elle est régulièrement chassée par les forces de l’ordre. Elle se prostitue la nuit pour nourrir ses enfants et est régulièrement victime de règlement de compte par les gangs de rue, très répandus à Kinshasa. Elle est aujourd’hui atteinte de tuberculose. 


Festivals

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Prix du meilleur moyen métrage, Vues d'Afrique Montréal, 2014

Rendez-vous du cinéma québécois Montréal, 2015

Note d'intention

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Comment Rachel, qui a une chance inespérée de sortir de la misère, saura-t-elle affronter cet immense défi qui s’offre à elle? Son succès retombera-t-il dans l’oubli tout comme les enfants de la rue vedettes du film Slumdog Millionnaire qui gagna plusieurs Oscar? Aujourd’hui, Rachel veut vaincre son analphabétisme, s’accrochant à son avenir avec l’énergie du désespoir.

Mais son avenir est loin d’être assuré dans ce Congo chaotique où la « solidarité » africaine exige le partage obligatoire des richesses, si minimes soient-elles. « Vous croyez que parce que quelqu’un va à l’étranger, il revient les poches pleines d’argent! » dira-t-elle à sa famille. Son succès est une arme qui se retourne aujourd’hui contre elle.

Alors qu’elle était encore dans la rue, Rachel, 14 ans, est choisie pour le rôle principal de Rebelle. Grâce à un accès rare et à une grande intimité, nous l’avons tournée dès le début sur le plateau de Rebelle au Congo et fait des pré-entrevues. Ses témoignages  bouleversants sur sa vie nous ont convaincus de raconter son histoire.

Bien avant qu’elle gagne ses prix, nous avons suivi Rachel sur le plateau, dans sa vie quotidienne et dans sa nouvelle famille d’accueil à Kinshasa. Nous l’avons aussi filmée avec ses amis de la rue, dont Marlène, son caïd, qui la protégeait : « Jamais je ne t’oublierai. Tu m’as aimée plus que ma mère...», lui confie Rachel devant la caméra dans le taudis que Marlène squatte avec plusieurs familles sans logement où s’entassent des enfants qui ont faim et qui pleurent. Une misère indescriptible sur laquelle personne d’autre ne pleure… 

Rachel gagnera une quinzaine de prix parmi les plus prestigieux de la planète cinéma grâce à son interprétation magnifique d’une enfant-soldat dans Rebelle. Propulsée aux quatre coins du monde alors qu’elle n’était jamais sortie des bidonvilles de Kinshasa, elle vit un bouleversement en accéléré dont nous serons témoins à chaque instant jusqu’à aujourd’hui.

Dans ce film, nous avons voulu mettre en évidence le choc des cultures que vit Rachel. Nous le vivons aussi avec elle à travers ses réflexions. Mais c’est surtout l’histoire d’une aventure humaine exceptionnelle avec les défis et les obstacles qui jalonnent la route de cette jeune Africaine. C’est le chemin parcouru que nous racontons, la résistance d’une enfant de la rue déterminée à confronter la fatalité d’un monde sans avenir. À travers elle, nous traçons le portrait d’une Afrique contemporaine et d’une génération de jeunes Africains pour qui le mot réussite a peut-être enfin une signification concrète.

Hélène Magny et Pierre Mignault

Résumé court

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L’histoire de Rachel Mwanza est une histoire d’exception comme il en existe peu : celle d’une enfant de la rue d’un bidonville africain propulsée au sommet de la gloire parmi les plus grandes stars du monde. Vedette principale du film québécois Rebelle, elle a raflé les prix d’interprétation cinématographique les plus prestigieux. De retour dans son Congo ravagé par les guerres et la pauvreté où l’espoir est un mot vain, les bras chargés de prix, Rachel pourra-t-elle accéder à une vie meilleure ? Rachel, la star aux pieds nus est l’extraordinaire aventure humaine d’une enfant de la rue de Kinshasa qui a connu la notoriété internationale et qui se retrouve aujourd’hui face à son destin.

Résumé long

À l’âge de 9 ans, la mère de Rachel Mwanza part en Angola, le pays voisin, pour trouver du travail et laisse ses six enfants à leur grand-mère. Rachel ne reverra plus jamais sa maman. Abandonnée par ses parents et bientôt chassée par sa grand-mère, Rachel se retrouve dans la rue. Elle fait la rencontre de Marlène, qui devient son caïd et la protègera de l’enfer des bas-fonds de Kinshasa. 

Un jour, alors qu’elle vit dans la rue depuis plusieurs années, Rachel est choisie lors d’un casting pour le rôle principal dans le film québécois de Kim Nguyen, Rebelle, tourné à Kinshasa au République démocratique du Congo. Cette histoire d’une enfant-soldat enlevée par des rebelles et qui tombe enceinte de son ravisseur bouleverse par la seule présence à l’écran de cette jeune actrice non professionnelle : « Je n’avais qu’à penser à ma vie et les larmes me venaient toutes seules», nous confiera-t-elle. Pour ce rôle, Rachel Mwanza remporte les prix d’interprétation féminine à la Berlinale, au festival de Tribeca à New York, aux Screen Awards à Toronto, aux Prix Jutra de Montréal et bien d’autres en Europe et en Afrique. Elle foulera le tapis rouge des Oscar à Los Angeles aux côtés des plus grandes étoiles du monde. C’est la première Africaine à remporter autant d’honneurs cinématographiques internationaux. Une star africaine vient de naître : elle a 15 ans.

Mais aujourd’hui? De retour dans son pays les bras chargés de prix, Rachel se retrouve seule face à elle-même. Analphabète, elle apprend à lire et à écrire et croit que c’est à travers l’éducation qu’elle arrivera à ne pas retourner en arrière. Mais sa vie reste fragile, sa destinée très floue et incertaine.

Les documentaristes Hélène Magny et Pierre Mignault ont suivi Rachel sur une période de 18 mois. Du plateau de tournage de Rebelle à Kinshasa jusqu’à son triomphe à Montréal. Les réalisateurs sont retournés à Kinshasa et ont suivi Rachel aux prises avec la dure réalité de son pays et ils ont rencontré ses proches, Marlène son caïd toujours dans la rue, sa grand-mère qui l’a chassée, ses frères qui exigent son aide. Mais Rachel a changé…