(toutes les photos, photogramme : Philippe Lavalette © InformAction
Films inc.)

basse
résolution
haute
résolution |
| Daniel Mermet à l’antenne
de Là-bas si j’y suis (France-Inter). |

basse
résolution
haute
résolution |
| Dominique Blain à son atelier, devant
son œuvre Japan Apologizes. |

basse
résolution
haute
résolution |
Dominique
Blain au Musée d’Art contemporain
de Montréal (2002).
|

basse
résolution
haute
résolution |
Camp des
enfants (victimes de la guerre), en Istrie.
|

basse
résolution
haute
résolution |
(photo
de tournage) La preneuse de son Diane Carrière
et un enfant sur la caméra, au Camp
des enfants (Istrie).
|
Note: Pour
sauvegarder une de ces photos sur Windows, vous
devez:
- Cliquer
sur la résolution désirée.
- Cliquer
sur la photo à l'aide du bouton droit
de votre souris.
- Sélectionner "Enregistrer
sous" ou "Save Picture as".
Pour
sauvegarder une de ces photos sur Macintosh,
vous devez:
- Cliquer
sur la résolution désirée.
- Cliquer
sur "Fichier" ou "File"
- Sélectionner "Enregistrer
sous" ou "Save Picture as".
|
|
 |

Nigel Osborne
Les oeuvres musicales de Nigel Osborne ont été présentées
dans la plupart des grands festivals internationaux et interprétées
par les meilleurs orchestres à travers le monde. Il
compose aussi pour le théâtre et l’opéra
: parmi ses prestations récentes, en 2003, un événement
théâtre et musique, A Song about Love, avec Vanessa
Redgrave et Birlyant Ramzaeva, une des grandes voix de la République
de Tchétchénie.
Ses interventions, entre autres en Bosnie, sont à la
fois politiques et artistiques. Et c’est avec une grande
lucidité que le musicien, déjà très
impliqué dans sa jeunesse en Pologne, dira, sans aucune
trace de cynisme : « Les artistes qui se sont mêlés
de politique ont laissé de mauvais souvenirs. Ils la
gèrent mal. Mais je n’avais pas d'autre choix
: il y avait tant à faire pour les enfants. »
En effet, c’est auprès des enfants traumatisés
par la guerre et dans le développement d’une méthode
de thérapie musicale qu’il trouve la plus belle
réponse à son engagement. Il est sollicité de
partout pour mettre sa sensibilité et son travail artistique
au service de jeunes dans les Balkans, au Caucase, en Afrique
et au Moyen-Orient.
Sans relâche et fidèle à lui-même,
Nigel vient de passer un autre été en Istrie
et en Croatie, avec les enfants et ses amis du Théâtre
Ulysse (Ulysses Theatre), pour lequel il assurait la partie
musicale de la pièce Marat-Sade, tout en composant sa
prochaine œuvre.
Nigel nous a fait l’honneur d’accepter que sa
musique soit présente tout au long du film Les Messagers.
***
Dominique Blain
L’artiste canadienne Dominique Blain expose un peu partout
dans le monde. Depuis le milieu des années 1980, elle
poursuit un travail cohérent où se fusionnent
enjeux politiques et préoccupations formelles.
Évitant les pièges du didactisme que l'on associe
souvent à l'art politique, l'artiste dénonce
les rapports de pouvoir. « Notre confort et notre indifférence,
c'est à ça que je réagis. Pour moi, ce
qui est important, c'est justement beaucoup plus ma position
en tant que témoin. On est tous témoins de ce
qui se passe, maintenant plus que jamais. » Ses œuvres
et ses installations visuelles, « qui séduisent
et inquiètent tout à la fois (...) nous laissent
aux prises avec notre état humain et notre éthique » (L.
Déry).
Tout en se méfiant de l’endoctrinement et du
militantisme aveugle, Dominique Blain fait partie de ces artistes
essentiellement préoccupés par l’histoire
sociale et politique. Avec intégrité et persévérance,
elle en fait le sujet primordial de sa pratique.
Dominique signera l'oeuvre qui ornera l’une des façades
de la Grande Bibliothèque du Québec. À l’hiver
2004, le Musée d’art contemporain de Montréal
lui consacrera une rétrospective d’environ 25 œuvres,
dont 6 installations (œuvres sculpturales, photographies
et projections).
***
Daniel Mermet
Daniel Mermet, « engagé dégagé »,
journaliste en rupture, voilà des termes dont on affuble
ce drôle d’oiseau. Avant d'entrer par effraction à Radio
France, Mermet a fait, avec un talent égal, du dessin,
des jouets en bois, de la peinture sur textile, du théâtre
alternatif, du fromage de chèvre en Ardèche,
des contes érotiques et d'autres pour enfants. Le point
commun ? L'engagement et le sens de la composition.
Producteur de radio, Mermet crée et anime l’émission
Là-bas si j’y suis sur France Inter : « Treize
ans d’émission quotidienne: un objet radiophonique
non identifié, ni un programme de divertissement, ni
une émission d'information, mieux que tout ça
(…) Ce qui sort du poste, c'est l'essentiel, la vie. » « Je
fais partie de ces grands naïfs qui pensent que s’ils
y sont, ça se passera pas comme ça. »
Bourdieu avait beau voir dans son émission « un
pôle de radicalité », Mermet est trop égoïste
pour se laisser enfermer dans une chapelle, même de gauche,
trop personnel pour devenir le porte-parole de quiconque. Mermet
a toujours été là où il fallait,
avec ceux qu'il fallait, mais toujours en marge. « Il
donne la parole à ceux que l’on n’entend
guère (…) les anonymes qui souffrent, les anonymes
qui résistent… »
On peut l’entendre tous les jours sur France Inter (accessible
via internet). Infatigable, il mijote toujours quelque chose,
monsieur Mermet : un nouveau livre, une expérience théâtrale,
une conférence… un dernier coup de gueule à la
bêtise… Il ne craint pas d’affirmer que « toute
lutte paye! ».
***
Ernest Pignon-Ernest
Dès 1966, le plasticien niçois Ernest Pignon-Ernest
inscrit son art dans la société, la cité,
par « des coups de poing, en pleine rue ». Dans
les cabines téléphoniques, sur les murs, de Lyon à Naples,
au Chili ou en Afrique du Sud, Ernest Pignon-Ernest s’intéresse
avant tout aux « drames des gens ».
« Au fond, à la limite, il n’y a même
pas besoin de mes images. Si les gens savaient s'arrêter
et regarder, ils seraient bouleversés par cette mise à nu
de l'histoire des gens. » (E. Pignon-Ernest)
« Généreux comme un miracle, il dessine à la
perfection, prend ses modèles dans la grande tradition
iconographique et exile l’histoire de la peinture au
beau milieu de notre histoire à nous» (Régis
Debray). De l'apartheid jusqu'aux expulsions, il dénonce
les discriminations de tout genre; à travers les personnages
de Desnos, Rimbaud, Pasolini, Rosa Luxembourg, il interroge
les mythologies, les religions et les archétypes qui
fondent ses racines méditerranéennes. Ses œuvres «s’incrustent
dans la peau des murs (…) comme des réponses qui
suintent des façades et participent à construire
l’avenir ».
Invité récemment par des amis africains, Ernest
Pignon-Ernest participe à la lutte contre le sida à Soweto
et à Capetown. Son Parcours mémoire Audin, réalisé à Alger
début avril 2003, prendra place dans une exposition à l'automne
2003 à Paris. Elle devrait être présentée
ensuite à Marseille et Alger.
***
Nicole Stéphane
En 2003, date du 40e anniversaire de la mort de Jean Cocteau,
le troublant visage de Nicole Stéphane revient dans
la tête des cinéphiles, elle qui interprétait
Elisabeth dans Les enfants terribles, écrit par Cocteau
et réalisé par Melville. Mais cela ne doit pas
occulter un large pan de la vie de cette femme audacieuse et
combattante qui a toujours défendu un cinéma
innovateur. « Nicole Stéphane a fait les choix,
inspirés ou déraisonnables, que sa passion lui
dictait. [Elle] reste l’icône d’une résistance
(...) Elle, qui par élégance s’est toujours
refusée à donner des leçons, est devenue,
sans le chercher, un exemple. » (E. Cozarinsky)
« Déjà actrice culte, brillante productrice,
les films de Nicole Stéphane apportent, avec le goût
de la beauté, une exigence de liberté. » Le
parcours de Nicole Stéphane est teinté fortement
par la guerre civile en Espagne vécue dans l’enfance
et par la Seconde Guerre mondiale. C’est au cœur
du conflit bosniaque qu’elle réalise son dernier
documentaire, En attendant Godot à Sarajevo. Elle y
filme Susan Sontag, mettant en scène la pièce
de Beckett au cœur du siège de Sarajevo. Nicole
avait produit, 20 ans plus tôt, le documentaire de Sontag
La Déchirure, sur la guerre du Kipour, dans une série
de quatre films qu’elle réalisait et produisait
sur Israël.
« C’est très difficile de parler d'Israël.
Pour moi, qui suis profondément juive, c'est une cicatrice.
Il va se passer quelque chose. Quand on sait que ces deux peuples
doivent, et vont vivre ensemble. Dans trente ans, ils vont
vivre ensemble, ils vont travailler ensemble. J'en suis sûre,
enfin je le crois. Je le crois de toutes mes forces et de tout
mon cœur. » (N. Stéphane)
« Nicole Stéphane a souvent dû lutter seule.
Les idées qu’elle a pu concrétiser l’ont été malgré d’énormes
difficultés matérielles. Sa vie a été héroïque
: au cœur de cette vie, il y a son amour du cinéma,
il y a la grâce et la parfaite intégrité de
Nicole. » (S. Sontag)
En 1999, la Cinémathèque française rendait
un grand hommage à la cinéaste et productrice,
dont les documentaires révèlent plus clairement
et rapidement ses prises de positions comme messagère.
***
Susan Sontag
Susan Sontag semble collectionner les prix : le Prix de la
paix des libraires allemands 2003 lui reconnaît la « défense
de l’honneur et de la liberté de pensée
dans un monde d’images fausses et de vérités
déformées ». Ce printemps 2003, l’Espagne
lui attribuait le Prix littéraire du Prince des Asturies,
avec l'écrivaine féministe marocaine Fatima Mernissi.
Le jury rend ainsi hommage à ces deux femmes qui « ont
développé un travail littéraire dans plusieurs
genres [et] qui, par leur profondeur de pensée et leurs
qualités esthétiques, traitent des problèmes
essentiels de notre temps ». Enfin, elle a reçu
le Prix Jérusalem pour l’ensemble de son œuvre.
En 1999, son roman En Amérique lui méritait le
National Book Award.
Réputée pour ses combats en faveur des droits
de l'homme, Susan Sontag est l’écrivain américain
le plus « européen ». Figure de la scène
new-yorkaise très engagée à gauche, elle
est proche d’intellectuels français comme Roland
Barthes.
Sontag ne se contente pas de parler. Elle pose aussi des gestes
porteurs de sens, comme ses nombreux séjours à Sarajevo
pendant la guerre en Bosnie. Elle y monte En attendant
Godot sous les bombes. « Je voulais être ici en travaillant
avec les gens ici, en produisant quelque chose ici, qui sera
consommé ici. C'était pour eux, avec eux et pour
eux. »
Après les attentats du 11 septembre 2001, Susan Sontag
avait exprimé son opinion à l'encontre du patriotisme
américain, ce qui lui avait mérité des
menaces de mort. Cette fois-ci, elle exprime sa dissidence à propos
de la guerre en Irak, dans les hebdomadaires Le Nouvel
Observateur et Der Spiegel. Elle parle de son opposition à George
W. Bush et de son pacifisme. Elle vient de publier un essai
sur la photographie: Regarding the Pain of Others (2003).
***
Et
Faruk Sijaric
Faruk Sijaric est directeur de l’Académie de
musique de Sarajevo, en plus d’y enseigner le violon
depuis 1980.
Pendant tout le siège de la ville, il a réussi à garder
l’Académie ouverte et à y prodiguer des
cours tous les jours. Une fois le conflit terminé, il
met tout en œuvre pour redonner une vie culturelle et
musicale à la Bosnie-Herzégovine et aux républiques
avoisinantes. En 2001, il est l’hôte de la première
conférence pan-balkanique des directeurs d’écoles
de musique. Il crée un réseau d’échanges
internationaux et devient président du centre Pavaroti à Mostar.
Il est aussi le fondateur, avec d’autres musiciens, du
World Peace Orchestra.
***
Vedran Smailovic
Vedran Smailovic est ce légendaire violoncelliste de
Sarajevo qui, en pleine guerre, revêtu de son habit en
queue de pie, jouera l’Adagio d’Albinoni chaque
jour, pendant 22 jours, sur la place publique, à l’emplacement
exact d’un terrible massacre, devant une boulangerie
où des gens faisaient la queue pour du pain. Tout au
long de la guerre, Vedran réalisera d’autres performances à travers
la ville, bravant les snipers et les feux de l’artillerie.
Aux dernières nouvelles, Vedran était installé à Belfast.
Il joue toujours du violoncelle. Il a enregistré un
disque, Sarajevo to Belfast. Il s’est aussi produit
en concert en compagnie de Tommy Sands, Joan Baez & Pete
Seeger.
***
Birlyant Ramzaeva
L’actrice et chanteuse Birlyant Ramzaeva représente
une des grandes voix de la République de Tchétchénie.
Quand son mari, poète et écrivain, disparaît
en 2000, elle se réfugie avec ses deux filles dans un
pays voisin. Invitée par Vanessa Redgrave à Londres
où elle donne un concert, elle participe, avec Nigel
Osborne, à l’événement A Song
about Love. Elle se joint au Théâtre Ulysse (Ulysses
Theatre) en Istrie, qui présente, à l’été 2002,
la pièce Medea (qui sera d’ailleurs reprise, avec
Byrliant, à l’été 2004). Par le
seul fait de chanter, sa vie est toujours menacée.
|