Dans un océan d'images

j'ai vu le tumulte du monde

Nous sommes submergés d'images mais savons-nous encore les voir? Dans un océan d'images est une quête d'Helen Doyle sur le sens et la portée de l'image.

Canada, 2013 | Couleur, Stéréo
Français : 90 min.
Anglais : 90 min.
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Crédits

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  • Idée originale, recherche, scénario et réalisationHelen Doyle
  • Direction de la photographieNathalie Moliavko-Visotzky
  • Prise de sonOlivier Léger
  • MontageDominique Sicotte
  • Effets visuelsGuy Lessard
  • Musique originaleNigel Osborne
  • Conception et montage sonoreBenoît Dame, Catherine Van der Donckt
  • Mix sonorePhilippe Attié
  • ProductionNathalie Barton, Ian Quenneville

Produit avec la participation financière de

Gouvernement du Québec (Crédit d'impôt cinéma et télévision - Gestion SODEC)

Fonds des médias du Canada (FMC)

Gouvernement du Canada (Crédit d'impôt pour production cinématographique ou magnétoscopique canadienne)

SODEC Société de développement des entreprises culturelles – Québec

et la collaboration de

Radio-Canada

ARTV

Filmoption International

PERSONNAGES PRINCIPAUX

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Letizia Battaglia

Letizia Battaglia, photographe et photojournaliste, est née à Palerme en 1935. De 1974 à 1991 elle a été photographe et responsable de l’équipe photographique du quotidien L’Ora de Palerme, prenant quelques 600 000 photos. Au fil des ans elle a documenté la guerre interne de la mafia et son attaque contre la société civile. Elle est devenue la plus importante photographe dans le monde sur les questions de la mafia italienne. Aujourd’hui ses images sont présentées dans des expositions solo à travers le monde. Elle est la première européenne à recevoir un prix W. Eugene Smith (Grant in Humanistic Photography), décerné à New York en 1985, et le Mother Jones Photography Lifetime Achievement Award, décerné à San Francisco en 1999. En 2007 la Société allemande de photographie lui a remis le prix Erich Salomon, le plus prestigieux prix allemand. En mai 2009 elle a reçu à New York le Cornell Capa Infinity Award de l’International Center of Photography.

Letizia Battaglia est aussi réalisatrice et écologiste (elle a siégé comme conseillère municipale du Parti vert à Palerme de 1985 à 1987 et contribué à la préservation du centre historique de Palerme). Elle est éditrice des Edizioni della Battaglia et a fondé en 1991 la revue Mezzocielo, bimensuelle et réalisée entièrement par des femmes. En 2003 elle a publié Passion Justice Freedom – Photographs of Sicily. Dans la liste des 1000 femmes à nommer pour le prix Nobel de la paix, elle a été mise en nomination par Peace Women Across the Globe.


Nadia Benchallal

Nadia Benchallal est une photographe franco-algérienne qui vit à Paris. Elle a étudié la photographie au International Center of Photography (ICP) de New York. Elle a travaillé pour de nombreux journaux et magazines internationaux, dont Le Monde, El Pais, Time Magazine, Die Zeit, La Repubblica della Donna etNewsweek. En 1992, elle décide de mettre en œuvre un projet essentiellement en noir et blanc sur la vie des femmes algériennes, ce qui lui donne l'idée d'un travail beaucoup plus vaste sur les femmes musulmanes dans le monde. Depuis, elle a parcouru notamment l'Algérie, la Bosnie, la Palestine, la Jordanie, le Liban, la Turquie, la Birmanie, l’Iran, le Japon, la Malaisie et l’Arabie Saoudite.

Son œuvre a fait l’objet de nombreuses expositions. Elle s’est vu décerner plusieurs  prix dont un Visa d’or à Perpignan en 1994, un W. Eugene Smith Fellowship, et une bourse de Mother Jones. Elle a également reçu une bourse European Eyes on Japan qui lui a permis de documenter la vie des femmes dans l’état de Gunma au Japon en 2001. Elle photographie actuellement le monde musulman et a développé un projet de fond sur les femmes musulmanes intitulé Sœurs.


Philip Blenkinsop

Philip Blenkinsop est «un des photographes les plus essentiels de sa génération», selon Christian Caujolle (Le Monde). Depuis qu’il s’est installé en Asie, le nom de Blenkinsop est devenu synonyme de photographie de l’injustice et de conflits oubliés. Dans le débat médiatique, sa voix se fait entendre fortement en faveur de l’engagement de l’artiste. Il soutient que le photographe ne doit jamais censurer ce qu’il capte avec sa caméra. « Nous sommes témoins et messagers. Notre responsabilité se situe toujours du côté de ceux que nous photographions et de la représentation exacte de leur situation, même si cela doit être difficile pour le lecteur du magazine. »

Philip Blenkinsop a reçu le prix du photojournalisme pour l’excellence du journalisme des droits humains, décerné par Amnesty International. Les monographies de ses oeuvres incluent The Cars That Ate Bangkok (White Lotus) et Extreme Asia (Photo Poche Société). Il siège sur le conseil consultatif du Program for Narrative and Documentary Practice au Institute for Global Leadership, Tufts University, aux États Unis. En 2011 il a fondé  à Bangkok 2snakestudio, un espace de travail et d’exposition qui abrite Lulik Haunt, une installation permanente formée de beaucoup de ses œuvres personnelles. En 2012 il a reçu une bourse d’honneur de la Falmouth University College en reconnaissance des services rendus au photojournalisme.


Bertrand Carrière

Né en 1957 à Ottawa, Bertrand Carrière vit et travaille à Longueuil.
Au cours des trente dernières années il a tissé une œuvre photographique à la fois personnelle et variée. Ses recherches se développent autours de deux axes. D'abord une voie documentaire qui englobe le paysage et les portraits, qui s'intéresse à la mémoire et à l’histoire des lieux, qui tente de donner une parole aux choses qui disparaissent.  Puis une autre approche, plus intime, caractérisée par une pratique quotidienne et une disponibilité du regard aux irrégularités du visible. Que ce soit sur les murs, dans les espaces pour l'art public ou dans ses livres, son travail se déploie en séries explorant les relations narratives et les accointances qui se développent entre les images.

Bertrand Carrière est récipiendaire de bourses du Conseils des arts du Canada et du Conseil des arts et des lettres du Québec. Son travail a été exposé au Québec, au Canada, aux États-Unis, en Europe, en Russie et en Chine. En 2004, il réalise 913, un film documentaire sur la mémoire du raid de Dieppe. En 2005, il reçoit le Prix de la création en région du Conseil des arts et des lettres du Québec pour la Montérégie.

Son travail est présent dans de nombreuses collections publiques et privées dont Le Cirque du Soleil, Alcan, la Banque d’oeuvres d’art du Conseil des Arts du Canada, la Bibliothèque Nationale de Paris, le Centre Canadien d’architecture, la Cinémathèque Québécoise, la collection Loto-Québec, le Musée National des beaux-arts du Canada, le Musée National des Beaux-Arts du Québec, le Houston Museum of Fine Arts au Texas. Les œuvres de Bertrand Carrière sont représentées à Montréal par la Galerie Simon Blais, à Toronto par la Stephen Bulger Gallery et sont distribuées par l’agence Vu à Paris. Il enseigne la photographie au cégep André-Laurendeau, à Montréal.


Stanley Greene

Stanley Greene est né à New York en 1949. Adolescent, il a été membre des Panthères noires, militant contre la guerre au Vietnam et membre fondateur de SF Camerawork, un espace d’exposition pour la photographie d’avant-garde.

Stanley Greene a étudié à la School of Visual Arts de New York et à Image Works, Cambridge, dans le Massachusetts. A la suite d’une rencontre avec W. Eugene Smith il a orienté ses énergies vers le photojournalisme. Il a commencé à faire des photos pour des magazines et a travaillé comme photographe pour New York Newsday. En 1986 il s’est installé à Paris et s’est trouvé à Berlin lors de la chute du Mur, ce qui a fait de lui un photojournaliste très sollicité.

Son œuvre la plus connue est sa couverture de la guerre en Tchétchénie, dont il a tiré le livre Open Wound (Trolley, 2003). Il a reçu une bourse Katrina Media de la Open Society en 2006. En 2010 il a créé une exposition de photographies de la dévastation qui a résulté de l’ouragan Katrina, dans un camion qui a parcouru la route de Houston à la Nouvelle Orléans, en collaboration avec Kadir van Lohuizen. En 2009 il a publié Black Passport (Schilt Publishing) en collaboration avec Teun van der Heijden : le livre a remporté le Gold Deutscher Fotobuchpreis en 2011. Il s’est vu décerner 5 prix World Press Photo, le Eugene Smith Humanistic Grant, et en 2011, il s’est mérité le Getty Grant for Editorial Photography pour son projet sur les déchets électroniques. Il vit à Paris et à New York. Ses œuvres sont représentées par l’Agence Noor.


Alfredo Jaar

Alfredo Jaar est un artiste, architecte et cinéaste basé à New York. Il est né à Santiago, Chili. Ses œuvres ont été exposées à travers le monde. Il a participé aux Biennales de Venise (1986, 2007, 2009), de Sao Paulo (1987, 1989, 2010) et à Documenta de Kassel (1987, 2002). D’importantes expositions solo ont eu lieu au New Museum of Contemporary Art de New York, à Whitechapel, Londres, au Musée d’art contemporain de Chicago et à celui de Rome, et au Moderna Museet, Stockholm. Une rétrospective de son oeuvre a été organisée à l’été 2012 dans trois institutions à Berlin: la Berlinische Galerie, la Neue Gesellschaft für bildende Kunst et la Alte Nationalgalerie.

Jaar a réalisé plus de 60 interventions publiques à travers le monde. Il a terminé récemment deux ouvrages d’art public : la Géométrie de la conscience, un mémorial situé à côté du nouveau Musée de la mémoire et des droits humains à Santiago, Chili, et le Parc des Lamentations, un mémorial placé dans un parc voisin du Indianapolis Museum of Art. Plus de 50 monographies ont été publiées sur son travail. Il est devenu Guggenheim Fellow en 1985 et MacArthur Fellow en 2000. En 2006 l’Espagne lui a décerné  le Premio Extremadura a la Creaciòn.


Geert van Kesteren

Geert van Kesteren, né en 1966, est basé à Amsterdam. Son travail de photographe est salué pour sa dimension cinématographique, avec une caméra qui exprime la psyché des conflits. Ses livres Why Mister, Why?Et Baghdad Calling, une réflexion sur la guerre en Irak, ont proposé de nouvelles pistes pour le documentaire engagé et innovateur. Il a reçu des bourses majeures des fondations Mondrian et D&M et s’est vu décerner le Infinity Award en photojournalisme par la International Center of Photography de New York en 2009.

Son travail est exposé au Dutch Photo Museum et au Rijks Museum aux Pays Bas et a été publié dans la plupart des grands magazines internationaux, dont Newsweek, Stern, The Independent et Geo Magazine. Les photographies de van Kesteren figurent dans de nombreuses expositions solo et de groupe, notamment aux Rencontres d’Arles, au Visa d’or, dans le British Museum, le Barbican Art Gallery et le Brighton Photo Biennial. Sa première monographie, Mwendanjangula! Aids in Zambia, a été éditée par Mets & Schilt en 2000. Depuis il a publié Why Mister, Why? (2004) and Baghdad Calling (2008) qui sont aussitôt devenus des classiques. Il a été en nomination pour Magnum Photos (2005-2008) et siège depuis 2006 au conseil consultatif de World Press Photo.


Séra Phousera Ing

Séra est né à Phnom Penh, au Cambodge, en 1961. Après des études supérieures en arts plastiques et sciences de l’art à la Sorbonne, il développe en parallèle un parcours en enseignement et en art : peinture, sculpture, gravure, dessin, et romans graphiques. Il est notamment l’auteur d’une trilogie de romans graphiques consacrée à la tragédie cambodgienne, Impasse et rouge (1995, réédition 2003), L’eau et la terre (2005), Lendemains de cendres (2007).  Depuis 1999 il dirige régulièrement des ateliers d’écriture de bandes dessinées à l’Institut français de Phnom Penh, ainsi que des ateliers plus engagés sur une approche artistique et plasticienne des arts : Les Ateliers de la mémoire. Ces ateliers, quise sont tenus au Centre de ressources audiovisuelles Bophana, revisitent l’histoire douloureuse du Cambodge et impliquent des jeunes dans le travail de mémoire. Avec un langage facilement accessible, Séra cherche à aller au-delà de la transmission entre générations, pour donner aux jeunes une prise sur leur propre histoire à travers la création.

Ses œuvres ont fait l’objet de nombreuses expositions, en solo et collectives, en France et au Cambodge. En avril 2012 l’Institut français de Phnom Penh, pour marquer ses 20 ans, présente une spectaculaire exposition des œuvres de Séra, et quelques mois plus tard la Galerie Oblique à Paris présente une centaine de dessins, d’étapes graphiques, de planches, d’aquarelles, en regard avec de grandes toiles encore jamais exposées en France.

Séra est aussi l’auteur de performances picturales et graphiques dans des lieux publics. Il a reçu plusieurs bourses de création, notamment du Centre national des lettres.  Il est chargé de cours à la Sorbonne (Université de Paris 1)  depuis 1989 à aujourd’hui et il est directeur pédagogique de l’école Phare Ponleu Selpak à Battambang, au Cambodge depuis 2012. Séra s’adonne aussi à la recherche en université depuis qu’il s’est inscrit en thèse.


Paolo Ventura

Paolo Ventura est né à Milan, en Italie, en 1968. Il occupe une place unique dans le monde de l’art d’aujourd’hui, par son utilisation de la photographie pour construire des récits. Comme tous les bons raconteurs, Paolo Ventura a été nourri d’histoires dès son enfance. Il se souvient que son père, auteur et illustrateur de livres pour enfants, inventait toujours des histoires pour lui et ses frères. Les souvenirs de la vie pendant la Deuxième guerre mondiale que lui racontait sa grand-mère ont eu un impact important sur sa première œuvre, War Souvenir, et continuent de résonner à travers ses œuvres plus récentes, dont Winter Stories, The Automaton et Behind the Walls.

Les œuvres de Paolo Ventura sont exposées à travers le monde, à la Biennale de Venise, au Museum of Fine Art de Boston, au Library of Congress, au Musée d’art contemporain de Rome et dans de nombreuses collections privées.


Lana Šlezić

Lana Šlezić est née au Canada en 1973 de parents d’origine croate. Elle termine des études en photojournalisme au Loyalist College, Ontario, en 2000 puis travaille pour les quotidiens The Globe and Mail et Toronto Star à Toronto. En 2002, à la recherche de plus de profondeur, elle choisit de devenir pigiste. Le célèbre photographe canadien Larry Towell devient son mentor. Son premier projet sera un travail sur les victimes de mines anti-personnel en Bosnie, puis elle photographiera la communauté mennonite au Canada. En peu de temps, elle réussit à contribuer à des magazines prestigieux – National Geographic, Newsweek, Time – et expose dans plusieurs pays : Canada, Irlande, Italie, Pays-Bas, Croatie, France, États-Unis, Royaume-Uni et Turquie. Lana Šlezić se compare aisément aux plus talentueux de la génération montante du photojournalisme.

C’est toujours un engagement affectif ou intellectuel qui l’amène à choisir le sujet d’un travail photographique. En 2004 elle part en Afghanistan où elle vivra 2 ans pour documenter le quotidien des femmes afghanes. Son important projet Forsaken réunit ce travail photographique sur les femmes afghanes et fait lui aussi l’objet d’une exposition. « Forsakenraconte les histoires que les Afghanes ne peuvent raconter elles-mêmes»,dit-elle. Lorsqu’elle publie pour la première fois en 2007, Forsaken est choisi comme l’un des dix livres de photos de l’année par l’American Photo Magazine.Lana a aussi vécu en Inde avec son mari et ses 2 enfants, et y a conduit plusieurs projets photographiques. Elle est basée à Toronto.

Lana Šlezić s’est notamment vu attribuer un World Press Photo Award dans la catégorie Portrait Story pour sa série A Window Inside, ainsi qu’un International Photography Award aux États-Unis et le Luis Valtuena Award for Humanitarian Photography en Espagne.



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Visitez le site Web du distributeur: http://www.filmoption.com/?lang=french
Pour information: carla@filmoption.com


Presse

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D'une immense richesse journalistique, artistique et même philosophique André Duchesne, La Presse

Une oeuvre forte, précise, fouillée et sensible où pas une image, pas un mot ne dépasse André Duchesne, La Presse

Un torrent d'images exceptionnelles... Une toile de maître André Lavoie, Le Devoir

Festivals

Festival international du film sur l’art (FIFA) 2013 Prix du meilleur film canadien, 31e FIFA, Montréal

Mumbai Women’s International Film Festival 2013

Festival de cinéma de Avanca 2013

Lo schermo dell'arte Film Festival 2013

Festival international du cinéma francophone en Acadie 2013

Finaliste, Prix Jutra du meilleur documentaire 2014

Prix Gémeaux Meilleur documentaire culture 2014

Note d'intention

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Cinéaste depuis déjà 30 ans, je m’intéresse aux conflits et à leurs conséquences, et j’observe de près, attentivement même, ce paysage toujours en transformation. Lors du tournage des Rendez-vous de Sarajevo en 1996 et de Birlyant une histoire tchétchène en 2005, j’ai croisé certains photographes et artistes qui m’ont ébranlée. Mais c’est surtout lors de la réalisation des Messagers (2003) – sur le parcours d’engagement d’artistes à travers le monde – que l’occasion m’a été donnée de poursuivre cette réflexion sur l’image qui banalise, par rapport à celle qui se distingue et s’impose.

J’ai décidé d’aborder ce projet sous l’angle de ce que j’appelle ma douce subversion : présenter des propos graves sous une forme séduisante… Impressionner d’abord puis, comme une lame de fond, permettre qu’émerge des profondeurs la réflexion. Mes choix ont toujours été faits dans la perspective de proposer des images fortes et qui parlent d’elles-mêmes. J’ai décidé d’aborder ce projet sous l’angle de ce que j’appelle ma douce subversion : présenter des propos graves sous une forme séduisante… Impressionner d’abord puis, comme une lame de fond, permettre qu’émerge des profondeurs la réflexion. Mes choix ont toujours été faits dans la perspective de proposer des images fortes et qui parlent d’elles-mêmes. J’ai décidé d’aborder ce projet sous l’angle de ce que j’appelle ma douce subversion : présenter des propos graves sous une forme séduisante… Impressionner d’abord puis, comme une lame de fond, permettre qu’émerge des profondeurs la réflexion. Mes choix ont toujours été faits dans la perspective de proposer des images fortes et qui parlent d’elles-mêmes. 

Pour ceux qui les réalisent, ces images, pour ceux qui en ont fait leur métier, comment alors montrer ? Comment faire pour qu’émerge de ce magma, de ce Babel, l’important, ce qui est porteur de sens ? Et qu’est-ce qui fait qu’une image nous touche et qu’elle éveille en nous, spectateurs, le désir de mieux nous informer afin de mieux comprendre le tumulte du monde?...

À partir de l’expérience de créateurs d’images de premier plan, qui vont du photojournalisme en passant par la création artistique jusqu’à la bande dessinée, voilà autant de questions que le film se propose d’explorer. Limiter ce documentaire uniquement à la photo de presse quotidienne n’aurait apporté rien de nouveau. Si j’ai élargi mon champ aux artistes, c’est aussi parce que le monde du reportage et celui de la création s’influencent et s’inspirent réciproquement, voire se rejoignent de plus en plus… Alors que la subjectivité est depuis longtemps admise comme partie intégrante du reportage, on entrevoyait moins que les héritiers de Capa ou de Caron lorgnent du côté de la fiction lorsqu’il s’agit d’adopter une démarche personnelle. Une voie empruntée par de plus en plus de photographes qui affirment tous leur attachement au réel et, en même temps, disent leur volonté de raconter des histoires...

Dans un océan d’images souhaite  être une passerelle entre la photographie et le monde des arts, et faire écho aux créateurs qui commencent à faire éclater des barrières traditionnelles entre les genres.  C’est aussi un début de réflexion sur la photo citoyenne, qui bouscule nécessairement dans cet univers déjà saturé.

Les rapporteurs d’imagesque j’ai choisis suivent tous des démarches engagées, singulières et remarquables. C’est à travers la rencontre avec elles et eux qu’il  devient  possible de découvrir comment se fabrique une image et comment ils cherchent à la transmettre dans l’univers numérique : ils nous amènent ainsi à mieux saisir notre propre rapport à l’image. Je propose donc de décrypter avec eux le long et mystérieux processus de création, dans le but d’en extraire sa véritable pertinence, ce qui en fait sa force et son indiscutable nécessité.

C’est au terme d’une longue observation et d’une recherche approfondie que j’ai arrêté mon choix de ceux que je nomme ici rapporteurs d’images. Il s’est fait en fonction de leur très grande intégrité et de l’authenticité qui transparaît de leur travail. C’est cet ensemble de qualités qui, à mon point de vue, en plus de leur talent, fait que leurs images émergent..

Ils sont tous des rebelles avec une cause, des résistants, des dissidents, des passeurs : ils se passionnent, osent, cherchent, poussent le bouchon plus loin, nous amènent à voir autrement. Ce qui m’intéresse, c’est leur quête, qui devient, le temps d’un film, la mienne. J’ai voulu voir, dans ce monde en mutation, comment ils se débrouillent pour raconter l’histoire avec des images. Le film est donc une aventure – et non un voyage organisé – avec les découvertes, les obstacles et les moments de grâce qui marquent toute aventure..

En même temps ces situations déstabilisent nos certitudes et ramènent l’individu face à sa propre conscience et face à la conscience collective. Les différentes démarches de nos rapporteurs d’images apportent un éventail très diversifié de réponses à notre questionnement sur le sens de l’image.

En définitive, ce film se veut le révélateur de la conscience que nous avons du monde, comme il nous est présenté quotidiennement.

Et comme le dit Susan Sontag : « A photograph can’t coerce. It won’t do the moral work for us. But it can start us on the way. » (Source : préface de Sontag à Don McCullin (Random House UK, 2001))

Helen Doyle

Résumé court

Retour aux productions

Un film qui nous interpelle tous, primé Meilleur film canadien au FIFA 2013.
Nous sommes submergés d’images mais savons-nous encore vraiment les voir?
Une réflexion profonde sur le sens de l’image dans l’univers numérique, portée par des photographes et artistes visuels d’ici et d’ailleurs qui se sont démarqués par l’originalité de leur travail et de leur réflexion : Alfredo Jaar, Letizia Battaglia, Stanley Greene, Philip Blenkinsop, Bertrand Carrière, Geert van Kesteren, Lana Šlezić, Séra, Nadia Benchallal, Paolo Ventura. Helen Doyle part à la rencontre de ces rapporteurs d’images, qui témoignent du poids de leur rôle de messager et de leur empathie pour les sujets de leurs images. Un film pour ceux qui captent des images avec leur appareil photo ou leur téléphone et les mettent à la disposition de tous. Un film d’une grande humanité pour tous ceux qui cherchent à comprendre les tumultes du monde à travers l’œuvre des artistes. Musique de Nigel Osborne.

Suivez le film sur https://www.facebook.com/dansunoceandimages.

Résumé long

Dans un océan d’images est une quête sur le sens et la portée de l’image. À l’ère de la «révolution» numérique et de la prolifération qu’elle entraîne, sommes-nous encore en mesure de voir les images, surtout celles des conflits et de leurs lourdes séquelles ?

Trop d’images tue l’image, dit-on. Dans une pratique en mutation, photographes, artistes, plasticiens - rapporteurs d’images - proposent des nouvelles stratégies, adoptent des manières différentes pour nous offrir des images qui soient signifiantes. Dans cet océan d’images, Helen Doyle cherche celles qui émergent, forcent le regard et, peut-être, nous aident à mieux comprendre le tumulte du monde. Partant à la rencontre de quelques grands rapporteurs d’images, partageant sa passion pour la photographie, elle nous fait découvrir une vaste palette contemporaine faite de contrastes qui choquent et de mariages inattendus: les images poétiques de Lana Šlezić en Afghanistan, celles presque insoutenables de Philip Blenkinsop en Asie, l’oeuvre monumentale d’Alfredo Jaar, les mises en scène miniatures de guerre de Paolo Ventura, les photographies de Stanley Greene qui se présente comme un storyteller et celles de Geert van Kesteren en Irak qui offre une vision citoyenne. Nous suivons la lutte contre la mafia  de Letizia Battaglia en Sicile, le projet porté par Nadia Benchallal dont le point de départ est son Algérie natale, les traces reconstituées par Bertrand Carrière sur les plages de Normandie et la mémoire retrouvée dans les romans graphiques de Sera Phousera Ing au Cambodge.

Le film s’adresse à tous ceux que l’image attire et passionne, au nombre inouï de ceux qui animent des sites et des blogs autour de l’image, et à tous ceux qui, avec leur appareil photo numérique ou leur téléphone, captent des images à profusion avant de les mettre à la disposition de tous.