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InformAction est reconnue pour la qualité de ses réalisations
depuis sa fondation en 1971. L’entreprise est toujours dirigée
par ses trois fondateurs, Nathalie Barton, productrice, Jean-Claude Bürger,
réalisateur, et Alain d'Aix, réalisateur, connu également
sous son vrai nom - Gérard Le Chêne - et pour son travail à la
tête de Vues d'Afrique.
« La vocation d'InformAction,
avec ses premiers films, a été d'attirer
l'attention sur des situations ou des cultures, à travers
le monde, qui avaient en commun d'être ignorées
par les médias.
Aujourd'hui nous espérons que, malgré la
sagesse et l'expérience qui viennent parfois
avec les années,
nous avons su garder l'empreinte de nos premiers
documentaires : une préférence pour
le politiquement incorrect, les idées non
reçues, les personnages méconnus,
et l'ouverture sur ce que l'ailleurs peut nous
apprendre. »
Nathalie
Barton, Alain d'Aix, Jean-Claude Bürger
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Les premiers films
Les premiers documentaires de l'équipe d'InformAction ont été réalisés
avec l'appui de l'Office du film du Québec, que dirigeait
Raymond-Marie Léger. Le but, dès le départ
: s'ouvrir à la géopolitique, faire connaître
des conflits internationaux ignorés par les médias,
prendre parti contre la violation des droits de l'homme dans des
pays qui ne faisaient jamais les manchettes - surtout dans le tiers
monde. Le premier film, Anyanya, porte sur la guerre oubliée
du Sud-Soudan, commencée en 1956 et qui dure encore aujourd'hui.
L'équipe de tournage suivra à la radio, avec les
maquisards sud-soudanais, les reportages sur la prise du pouvoir
dans l'Ouganda voisin par Idi Amin.
Au cours du même tournage en Afrique, en 1971, l'équipe
réalise les courts métrages Tam-tam et balafons,
sur le Cameroun au temps du Cardinal Léger, et Yvongélisation,
sur la coopération canadienne en Afrique vue par… Yvon
Deschamps.
Pour réaliser Contre-censure (1976),
on travestit les noms, pour éviter d'avoir à l'avenir
des difficultés
d'obtention de visas : Nathalie Barton réalisera sous le
pseudonyme Morgane Laliberté et Gérard Le Chêne
sous celui d'Alain d'Aix, nom clin d'œil qu'il gardera pour
tous ses films. Contre-censure dévoile
les dessous de la guerre d'indépendance du Cameroun et révèle
pourquoi le livre « Main basse sur le Cameroun » du
grand écrivain Mongo Béti vient d'être interdit
dans son pays, saisi dans les librairies en France, et réédité au
Québec par Léandre Bergeron. Le film est primé au
festival du court métrage de Grenoble.
Période dure du néo-colonialisme : un autre livre
est saisi en France – « Prison d'Afrique », sur
la répression qui sévit dans la Guinée de
Sékou Touré, féroce dictateur jusque là protégé par
son auréole de militant tiers-mondiste. Ce sera le point
de départ de La danse avec l'aveugle (1978). L'auteur du
livre, Jean-Paul Alata, l'un des témoins filmés,
sera plus tard assassiné. Le film circulera sous le manteau
en Guinée et sera plusieurs fois primé dans les festivals
internationaux.
Le dur désir de dire, d’Alain d’Aix (1981),
s'inscrit aussi dans la lutte contre la censure. Il s'agit d'un
portrait du cinéaste breton René Vautier, auteur
du premier film anti-colonialiste, Afrique 50, qui, « caméra
au poing », a témoigné de l'insurrection
algérienne et fera des grèves de la faim dans les
années 70 afin que ses longs métrages de fiction
censurés puissent être vus en France.
Mercenaires en quête d'auteurs (1983) emmène toute
l'équipe des États-Unis aux Caraïbes, d'Europe
en Afrique, sur la piste de personnages troubles qui passent du
fantasme à l'acte et constituent le côté visible
de manipulations géopolitiques des grandes puissances. Mercenaires,
c'est aussi le début d'une longue collaboration entre InformAction
et Philippe Lavalette à la caméra. À l'occasion
de ce tournage, Jean-Claude Bürger réalise à Madagascar
un saisissant portrait de l'ex-ministre québécois
Jacques Couture, redevenu simple prêtre. Il réalise
aussi le court métrage L'âge de guerre (1977) qui
dénonce, à travers des dessins d'enfants, l'impitoyable
guerre entre le Bangladesh et le Pakistan.
Zone de turbulence (1984) poursuivra l'enquête géopolitique
- sur la route du pétrole et en Afrique australe - et sera
diffusé, comme Le dur désir de dire et Mercenaires
en quête d'auteurs, par Radio-Québec. Toujours dans
les années 80, la collection Transmission d'expériences
créoles fait découvrir un ensemble culturel fort
de 12 millions de personnes qui vivent aux antipodes, de la Caraïbe à l'Océan
indien, et commencent tout juste à se connaître. Justice
blanche (1985), co-réalisé par Françoise Wera
et Morgane Laliberté, enquête sur un enjeu culturel
mais cette fois en pays inuit, dans le Grand Nord québécois
(diffusion Radio-Canada).
Les films récents
Au début des années 90, les comédies documentaires
Le Marché du couple (Louis Fraser et Alain d'Aix), puis
Tristan et Juliette ou l'amour en l'an 2000 (Isabelle Turcotte
et Alain d'Aix), toutes deux avec Denis Bouchard, ouvrent une nouvelle
période, avec l’exploration de nouveaux thèmes
et de formes renouvelées.
InformAction reste fidèle aussi à ses amours africaines,
avec trois séries sur le cinéma africain, coproduites
avec le Burkina Faso et la Côte d'Ivoire et diffusées
par TV5, réalisées avec la collaboration de Ariane Émond,
Ousseynou Diop, Yves Langlois et Maka Kotto. En 1995 le drame du
Rwanda déclenche la réalisation de la série
Soleil dans la nuit (30 bouleversants témoignages de survivants)
et du documentaire Les Racines de l'espoir (Marc Renaud avec la
collaboration de Gil Courtemanche).
Nathalie Barton entreprend dans les années 90 la production
de documentaires d’auteur signés par des réalisateurs
tels que Carlos Ferrand, Jean-Daniel Lafond, Philippe Baylaucq,
Nicole Giguère, Manon Barbeau, Tally Abecassis, Carole Laganière,
Helen Doyle, Doïna Harap et Iolande Cadrin-Rossignol. InformAction
s’engage aussi dans la production de premières œuvres
documentaires, avec l’appui du programme Aide aux jeunes
créateurs de la SODEC. Cliquez
ici pour la liste complète
des films produits par InformAction.
Aujourd'hui InformAction continue à produire des documentaires
de haut niveau et à en promouvoir le rayonnement international. À travers
l’engagement de Nathalie Barton dans l’Association
des producteurs de films et de télévision du Québec
(APFTQ), InformAction participe aussi au combat pour que nos télévisions
accordent au documentaire de création la place qui lui revient.
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